{"id":902,"date":"2025-11-27T22:14:45","date_gmt":"2025-11-27T22:14:45","guid":{"rendered":"https:\/\/moussokunda.com\/?p=902"},"modified":"2025-11-27T22:25:23","modified_gmt":"2025-11-27T22:25:23","slug":"stigmatisation-et-violence-numerique-envers-les-meres-celibataires-analyse-des-formes-de-harcelement-et-de-desinformation-sur-les-reseaux-sociaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/moussokunda.com\/index.php\/2025\/11\/27\/stigmatisation-et-violence-numerique-envers-les-meres-celibataires-analyse-des-formes-de-harcelement-et-de-desinformation-sur-les-reseaux-sociaux\/","title":{"rendered":"Stigmatisation et violence num\u00e9rique envers les m\u00e8res c\u00e9libataires : analyse des formes de harc\u00e8lement et de d\u00e9sinformation sur les r\u00e9seaux sociaux"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong><em>En Afrique, il suffit d\u2019une publication d\u2019une femme fi\u00e8re d\u2019exprimer combien de fois elle est heureuse et arrive \u00e0 bien entretenir son enfant m\u00eame sans \u00eatre avec le p\u00e8re de son enfant pour transformer cel\u00e0 en un discours sur les r\u00e9seaux sociaux. Une simple publication comme une photo avec son enfant qui exprime combien de fois elle est \u00e9panouie, un message de joie, un partage d\u2019espoir peut se transformer en une sc\u00e8ne d\u2019accusation, de m\u00e9pris ou de moquerie. Pour les m\u00e8res c\u00e9libataires, ce risque est devenu presque quotidien.&nbsp;<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"889\" height=\"631\" src=\"http:\/\/moussokunda.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-908\" srcset=\"https:\/\/moussokunda.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/1.jpg 889w, https:\/\/moussokunda.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/1-300x213.jpg 300w, https:\/\/moussokunda.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/1-768x545.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 889px) 100vw, 889px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-6a0f7fc78cde453588a6336f2b303a12\">Ce ph\u00e9nom\u00e8ne s\u2019est install\u00e9 silencieusement comme une ombre qui grandit. Sur les r\u00e9seaux sociaux, la stigmatisation \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes \u00e9levant seules leurs enfants a pris une ampleur inqui\u00e9tante : commentaires d\u00e9gradants, insinuations blessantes, montages humiliants, diffusion de rumeurs, les hommes qui s\u2019acharnent sur ces femmes exprimant qu\u2019elles ne sont pas soumises et qu\u2019elles sont entrain d\u2019encourager celles qui sont soumises \u00e0 leurs maris malgr\u00e9 leurs humiliations \u00e0 quitter leurs relations toxiques. Le num\u00e9rique, qui aurait pu \u00eatre un espace de soutien et de solidarit\u00e9, devient parfois un tribunal o\u00f9 chacun se croit autoris\u00e9 \u00e0 juger les autres. Pourtant, peu en parlent\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-66dde97cee90ee12c73adbd6010b76b5\">Peu d\u00e9noncent la violence qui se cache derri\u00e8re ces mots jet\u00e9s \u00e0 la h\u00e2te. Tr\u00e8s peu mesurent l\u2019impact psychologique que ces violences peuvent exercer sur les femmes concern\u00e9es : honte de s\u2019afficher d\u00e9sormais, perte d\u2019estime de soi, peur de s\u2019exprimer en ligne, parfois m\u00eame retrait social et m\u00eame une d\u00e9pression psychologique. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-4b0e4d2a82d3edf26be2759d97145794\">Ces femmes, d\u00e9j\u00e0 confront\u00e9es \u00e0 des&nbsp; probl\u00e8mes socio-\u00e9conomiques doivent en plus affronter une violence silencieuse, d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9e mais profond\u00e9ment destructrice.&nbsp; Aussi bien invisible que cette stigmatisation num\u00e9rique soit aux yeux du plus grand nombre, elle est devenue l\u2019un des types modernes de la violence bas\u00e9e sur le genre en Afrique. Elle touche l\u2019intimit\u00e9, brise le moral et \u00e9touffe la voix de milliers de femmes qui n\u2019osent plus partager leurs exp\u00e9riences encore moins leurs conseils de peur de devenir la cible suivante.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-9bd744f1b2566ebcad8d062521963a0e\">J\u2019\u00e9cris aujourd\u2019hui cet article pour cr\u00e9er un espace qui sensibilise les hommes comme les femmes sur la gravit\u00e9 que cause ce ph\u00e9nom\u00e8ne, pour alerter le c\u00f4t\u00e9 humain des uns et des autres et \u00e9couter ce que vivent celles qui se battent chaque jour pour exister sans \u00eatre jug\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-ee4c75df8ccda821ac3152f6098a8863\"><strong>Comprendre la stigmatisation num\u00e9rique des m\u00e8res c\u00e9libataires : sources et manifestations<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-4b0f29fb9545d380ba670e5fc6860020\">Avant l\u2019exposition de cette discrimination sur les r\u00e9seaux sociaux, le jugement sur les m\u00e8res c\u00e9libataires se murmurait dans l\u2019entourage, dans les conversations puisque la majeure partie des cultures endog\u00e8nes en Afrique recommandent vivement que les femmes se soumettent \u00e0 tout venant de leurs maris: Cel\u00e0 fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 combien de fois les anciennes g\u00e9n\u00e9rations ont \u00e9t\u00e9 maltrait\u00e9es dans leurs foyers sans jamais partir puisqu\u2019elles ont peur de la stigmatisation, de ce que penseront les gens, des propos malveillants qui se raconteront sur elles sans conna\u00eetre les faits r\u00e9els de leurs divorces. Aujourd\u2019hui, ces murmures ont pris une autre forme : ils se sont transform\u00e9s en commentaires, en partages qui circulent \u00e0 toute vitesse avec des faux comptes que beaucoup cr\u00e9ent pour cacher leurs identit\u00e9s afin de bien d\u00e9verser leurs haines. Mais cel\u00e0 existait depuis longtemps,&nbsp; mon enqu\u00eate sur le terrain en interrogeant al\u00e9atoirement 15 femmes de la commune d\u2019Abomey-Calavi (B\u00e9nin)&nbsp; m\u2019a permis d\u2019en savoir plus. Par exemple le cas de Mariam qu\u2019elle m\u2019a racont\u00e9e: Un soir, elle poste une simple photo toute souriante tenant son fils dans les bras. Un moment doux, authentique, qu\u2019elle voulait garder comme un souvenir en ajoutant comme l\u00e9gende \u201c<strong>Femme battante<\/strong>\u201d. En quelques heures, la photo devient autre chose qu\u2019un souvenir : un terrain de jugement.<br>Des inconnus lui \u00e9crivent :<br>&nbsp;&#8211;&nbsp; \u00ab Voil\u00e0 pourquoi tu es seule\u2026 \u00bb<br>&nbsp;&#8211; \u00ab Ton enfant m\u00e9rite un vrai foyer. \u00bb<br>&nbsp;&#8211; \u00ab Les femmes insoumises. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-1ed60af055b3bb3611084822c99b3226\">Ce qui arrive \u00e0 Mariam n\u2019est pas un accident. C\u2019est un m\u00e9canisme qui d\u00e9passe sa propre histoire. Elle se confie en disant qu\u2019elle est abattue moralement et donc oblig\u00e9e d\u00e9sormais d\u2019\u00eatre discr\u00e8te sur les r\u00e9seaux sociaux pour \u00e9viter toute cette haine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-56deddecea746b865c9c55ddc0ca959c\"><strong>Le poids des anciennes cultures qui persistent en discr\u00e9tion<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color wp-elements-d2224a6ccacac697a6831a59f244e5be\">Depuis des g\u00e9n\u00e9rations, une m\u00e8re \u00ab seule \u00bb n\u2019est pas toujours vue comme une femme courageuse qui se bat en rejetant l\u2019humiliation de leurs maris mais comme une femme qui a \u00ab \u00e9chou\u00e9 \u00bb \u00e0 rentrer dans le moule.<br>&nbsp;Ces id\u00e9es, profond\u00e9ment grav\u00e9es dans certaines soci\u00e9t\u00e9s africaines, se d\u00e9placent aujourd\u2019hui vers les r\u00e9seaux sociaux sans perdre de leur force.<br>&nbsp;Elles se glissent dans les commentaires, dans les blagues, dans les insinuations. Et le pire, c&rsquo;est que beaucoup pensent encore que c&rsquo;est normal. Pour beaucoup d\u2019hommes ayant fait ces genres de victimes, c\u2019est un moyen de r\u00e8glement de compte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-large-font-size wp-elements-38901e31ffdd366eb9e9f42ca3bfad5e\"><strong>L\u2019\u00e9cran qui transforme les gens en juges<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-98a4c321a43e1916887f6ec515b07319\">L\u2019internet est une source de rassemblements des inconnus, la plupart des temps on a aucune id\u00e9e des gens qui nous suivent encore moins de ceux que nous suivons. Derri\u00e8re les pseudos qui paraissent presque anonymes, certains se sentent pour d\u00e9gager leur haine contre les m\u00e8res c\u00e9libataires sans m\u00eame chercher la cause de l\u2019histoire. Ils commentent les publications sans aucune tol\u00e9rance ni empathie. C\u2019est ainsi que des m\u00e8res, d\u00e9j\u00e0 \u00e9prouv\u00e9es&nbsp; la vie deviennent la cible de personnes qui, en connaissant ce qui s\u2019est pass\u00e9 dans leur histoire, n&rsquo;auraient jamais os\u00e9 leur adresser un regard malveillant dans la vraie vie. L\u2019\u00e9cran devient alors un bouclier qui d\u00e9shumanise. Alors la violence \u00ab juste un commentaire \u00bb ou \u00ab une publication \u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"612\" height=\"551\" src=\"https:\/\/moussokunda.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-909\" style=\"width:750px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/moussokunda.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/2.jpg 612w, https:\/\/moussokunda.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/2-300x270.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 612px) 100vw, 612px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-large-font-size wp-elements-3097d9a1c13c92d03f879f22a17e8760\"><strong>La d\u00e9sinformation qui cr\u00e9e des histoires sur mesure<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-c326d3919083a010cdab45a2abed63e9\">Il suffit d\u2019un d\u00e9tail (une tenue ou une photo post\u00e9e avec une l\u00e9gende de soulagement) pour que les r\u00e9seaux sociaux s\u2019enflamment avec une fausse histoire mais qui se r\u00e9pand vite pour en faire tout un d\u00e9bat de haine contre les m\u00e8res c\u00e9libataires. Une rumeur peut na\u00eetre d\u2019un montage ridicule ou d\u2019un texte invent\u00e9 juste pour atteindre leur cible. Elle peut devenir virale, atteindre des centaines de personnes, parfois m\u00eame la famille ou l\u2019entourage. Les m\u00e8res c\u00e9libataires deviennent alors des personnages d\u2019un r\u00e9cit qu\u2019elles n\u2019ont jamais \u00e9crit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-large-font-size wp-elements-fcb015ca1acaa5ef07cd77e2967d12bd\"><strong>Les formes de harc\u00e8lement et de violences num\u00e9riques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-f10b4f83e74bc95bfb4242dbfd45533a\">Sur les r\u00e9seaux sociaux, la violence envers les m\u00e8res c\u00e9libataires prend souvent la forme d\u2019un murmure collectif qui prend beaucoup d\u2019ampleur jusqu\u2019\u00e0 devenir un orage. Tout commence par un commentaire anodin sous une photo, une petite phrase l\u00e2ch\u00e9e comme une plaisanterie mais qui porte en elle le poids de tout un h\u00e9ritage de jugements. Ensuite viennent les moqueries, les insultes d\u00e9guis\u00e9es en \u201c<strong>conseils<\/strong>\u201d, les attaques sur leur moralit\u00e9, leur capacit\u00e9 \u00e0 \u00e9lever un enfant, leur insoumission \u00e0 tout type d\u2019homme aussi violent que soit ce dernier. Dans certains groupes en ligne, la simple mention de m\u00e8re c\u00e9libataire d\u00e9clenche une vague de suppositions :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-b77f6d57570f4612df01c38626142690\">Elle a d\u00fb faire quelque chose;<\/li>\n\n\n\n<li class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-c4a2aa2d9f49aed25f2d43f0a5566579\">Elle n\u2019a pas su garder un foyer;&nbsp;<\/li>\n\n\n\n<li class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-f5d4b575da796f88fffdd18673199f38\">Elle veut attirer la piti\u00e9<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-6fc4ea2896c9f2b80cb64941278689ad\">On partage des captures d\u2019\u00e9cran de leurs publications, on d\u00e9tourne leurs photos, on lance des rumeurs pour amuser la galerie. Ce harc\u00e8lement s\u2019installe parfois sans que la victime comprenne comment elle est devenue la cible d\u2019un tribunal num\u00e9rique. Mais la violence ne s\u2019arr\u00eate pas aux mots visibles. Elle se glisse aussi dans des messages priv\u00e9s o\u00f9 on les infantilise, on les culpabilise parfois on les menace. Certaines femmes voient leurs images circuler sans leur consentement, parfois sorties de leur contexte, accompagn\u00e9es de situations de vie invent\u00e9es juste pour les an\u00e9antir moralement. C\u2019est la d\u00e9sinformation rapide et virale qui s\u2019ajoute \u00e0 la stigmatisation. Une rumeur invent\u00e9e un soir peut devenir d\u00e8s le lendemain, \u201cune v\u00e9rit\u00e9\u201d qui court dans plusieurs groupes WhatsApp ou pages Facebook. Et pendant que les gens rient, commentent et partagent ce genre de publication, une femme quelque part regarde son t\u00e9l\u00e9phone avec les mains qui tremblent, des larmes aux yeux se demandant comment d\u00e9fendre son histoire face \u00e0 une foule invisible qui a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9cid\u00e9 de l\u2019atteindre psychologiquement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-large-font-size wp-elements-57b565a0ae2da258027d306520c93bb0\"><strong>Impact psychologique et social sur les m\u00e8res c\u00e9libataires<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-75f552a96064d4635a68c9cd5aa987f1\">La violence num\u00e9rique ne laisse aucune trace visible, et c\u2019est justement ce qui la rend si dangereuse. Derri\u00e8re l\u2019\u00e9cran de leur t\u00e9l\u00e9phone, beaucoup de m\u00e8res c\u00e9libataires africaines se retrouvent seules face \u00e0 une temp\u00eate silencieuse : attaques r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, rumeurs humiliantes, sarcasmes dans les commentaires. Petit \u00e0 petit, ces mots piqu\u00e9s d\u2019ironie ou de haine creusent en elles un vide que personne ne soup\u00e7onne. Certaines d\u00e9veloppent une anxi\u00e9t\u00e9 constante, toujours sur leurs gardes, craignant qu\u2019un nouveau message toxique surgisse \u00e0 n\u2019importe quelle heure. D\u2019autres finissent par croire, m\u00eame inconsciemment, aux insultes qu\u2019on leur attribue : \u201cirresponsable\u201d, \u201cimmorale\u201d, \u201cmauvaise m\u00e8re\u201d. Ce harc\u00e8lement continue bien apr\u00e8s que le t\u00e9l\u00e9phone est pos\u00e9, coll\u00e9 \u00e0 la peau comme une ombre qui suit partout.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-c62b1077ef2c7f28131d6bc4cce8ba01\">Sur le plan social, les cons\u00e9quences sont tout aussi profondes. Beaucoup de m\u00e8res choisissent de dispara\u00eetre des r\u00e9seaux effa\u00e7ant des photos et publications dans l\u2019espoir de retrouver un peu de paix. Elles se replient sur elles-m\u00eames, \u00e9vitent de se confier, par crainte d\u2019\u00eatre jug\u00e9es ou ridiculis\u00e9es publiquement. Certaines h\u00e9sitent m\u00eame \u00e0 participer \u00e0 des communaut\u00e9s pourtant bienveillantes, convaincues qu\u2019elles n\u2019y ont pas leur place. Et dans ce silence, un autre ph\u00e9nom\u00e8ne s\u2019installe : la culpabilit\u00e9. Culpabilit\u00e9 d\u2019exposer leurs enfants, culpabilit\u00e9 d\u2019exister en ligne, culpabilit\u00e9 d\u2019\u00eatre simplement m\u00e8res dans un monde num\u00e9rique qui, trop souvent, ne leur pardonne rien. Ce retrait progressif n\u2019est pas seulement une perte individuelle ; il prive l\u2019espace num\u00e9rique de voix courageuses, de r\u00e9cits authentiques et contribue \u00e0 renforcer encore la stigmatisation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-large-font-size wp-elements-647f4a103b384cd994ea37214a5d9dfe\"><strong>Sensibilisation contre ce ph\u00e9nom\u00e8ne : plaidoyer contre la stigmatisation num\u00e9rique des m\u00e8res c\u00e9libataire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-c85293c9b7cc3875c166519f3edc760d\">La stigmatisation et la violence num\u00e9rique envers les m\u00e8res c\u00e9libataires constituent aujourd\u2019hui l\u2019une des formes les plus silencieuses mais les plus destructrices de Violences Bas\u00e9es sur le Genre en Afrique. Sur les r\u00e9seaux sociaux, un simple sourire partag\u00e9 avec son enfant, une phrase de gratitude ou de courage d\u2019une m\u00e8re c\u00e9libataire peut se transformer en un jugement, en moqueries et en rumeurs blessantes. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne qui domine dans des normes culturelles anciennes qui continuent de culpabiliser la femme lorsqu\u2019un foyer se brise s\u2019est amplifi\u00e9 derri\u00e8re la fa\u00e7ade trompeuse de l\u2019anonymat num\u00e9rique. Chaque commentaire d\u00e9gradant, chaque insinuation sur leur moralit\u00e9, chaque montage humiliant ou fausse histoire diffus\u00e9e devient une arme invisible qui fragilise l\u2019estime de soi de ces femmes et les pousse parfois au silence, \u00e0 la honte, \u00e0 la d\u00e9pression ou m\u00eame au sucide. Alors que derri\u00e8re chaque publication se trouve une femme qui se bat chaque jour pour \u00e9lever son enfant seul avec dignit\u00e9, courage et amour. Sensibiliser sur cette violence, c\u2019est reconna\u00eetre la souffrance qu\u2019elle engendre dans la vie de ces m\u00e8res. Ensemble d\u00e9non\u00e7er les comportements qui la nourrissent et rappelons que les r\u00e9seaux sociaux devraient \u00eatre des espaces de soutien de toutes sortes mais pas des tribunaux publics. \u00c9lever la voix contre ces injustices, c\u2019est prot\u00e9ger les m\u00e8res c\u00e9libataires mais aussi d\u00e9fendre une humanit\u00e9 que le num\u00e9rique ne devrait jamais effacer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-7506c8d7546f5aa15203af5791f99660\"><strong><em>R\u00e9daction&nbsp;: S\u00eagnimak\u00e9 Tatiana Carine MINABA<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-kubio-color-6-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-8eb7c05a7cb3244aaa14d9ef44cd850d\">Cette publication WanaData a \u00e9t\u00e9 soutenue par Code for Africa et la Digital Democracy Initiative dans le cadre du projet Digitalise Youth , financ\u00e9 par le Partenariat Europ\u00e9en pour la D\u00e9mocratie (EPD)<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En Afrique, il suffit d\u2019une publication d\u2019une femme fi\u00e8re d\u2019exprimer combien de fois elle est heureuse et arrive \u00e0 bien entretenir son enfant m\u00eame sans \u00eatre avec le p\u00e8re de son enfant pour transformer cel\u00e0 en un discours sur les r\u00e9seaux sociaux. 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