À Bamako, une jeune webactiviste, Djelika Traoré utilise les réseaux sociaux pour briser les tabous entourant les menstruations et la santé sexuelle et reproductive des jeunes. Sur sa page Facebook et par l’entremise de son organisation, El’Protect Mali, elle diffuse des conseils pratiques sur l’hygiène menstruelle, brise les dangereux mythes et défend la dignité et les droits des filles. S’inspirant de son expérience personnelle, elle aborde les silences culturels qui alimentent la stigmatisation et les pratiques à risque.

Il est 16 h à Bamako, la capitale du Mali, et les habitants terminent leurs activités quotidiennes avant la tombée de la nuit. Djelika Traoré, une jeune webactiviste, est assise devant son ordinateur, et partage ses derniers messages de sensibilisation sur l’hygiène menstruelle sur sa page Facebook, El’Protect. Elle prodigue des conseils concernant l’utilisation des serviettes hygiéniques pendant le cycle menstruel, ainsi que des astuces essentielles à appliquer pour l’hygiène durant cette période.
C’est une militante passionnée de la santé sexuelle et reproductive des jeunes et la coordonnatrice d’El’Protect Mali, une organisation de jeunes engagée pour le bien-être des adolescents et des jeunes dans le pays. Par sa présence sur les réseaux sociaux, elle brise les tabous en communiquant des informations précises et fiables sur la santé sexuelle et reproductive.
Son but est de déconstruire les idées fausses autour des menstruations au Mali. Elle souligne que l’hygiène menstruelle est une question de santé, de dignité et de droits pour les femmes et les adolescentes. Elle déclare : « Les règles sont un phénomène naturel, et les filles ne devraient ni en avoir honte ni le vivre en silence. »
Elle raconte que son engagement pour l’éducation à l’hygiène menstruelle découle d’expériences personnelles et du silence qui persiste autour des menstruations au Mali.
Aujourd’hui, elle se bat pour changer les mentalités et les comportements concernant l’éducation à l’hygiène menstruelle sur sa plateforme El’Protect, où elle publie des contenus pédagogiques et de sensibilisation au profit des adolescents et les jeunes. Elle explique : « Ces silences, souvent d’origine culturelle ou religieuse, créent des déficits d’information qui exposent les adolescentes à des pratiques dangereuses, à un malaise et à la stigmatisation. »
Sur sa page Facebook El’Protect, elle parle de la gestion des menstruations ouvertement, souligne l’importance de l’hygiène intime avant, pendant et après les menstruations, et réfute les fausses croyances qui associent toujours les menstruations à l’impureté et à d’autres clichés. Elle applique une approche inclusive impliquant différents contenus pédagogiques, y compris du matériel audiovisuel, des témoignages, des données infographiques, des campagnes numériques et des articles. Elle déclare : « Les filles et les garçons devraient être informés sur les menstruations, afin de briser les stéréotypes et de promouvoir une meilleure compréhension collective. »
Dans certaines communautés au Mali, une fille qui a ses règles peut être marginalisée et interdite d’accès à la cuisine et à l’espace public. Par ses actions en ligne et sur le terrain, elle travaille à améliorer l’accès des adolescents et des jeunes à des informations fiables sur l’hygiène menstruelle.
Au-delà des statistiques des réseaux sociaux, comme la portée, les partages et les commentaires, l’impact de son travail dans le cadre d’El’Protect est surtout visible à travers les témoignages qu’elle reçoit. Plusieurs jeunes filles expriment leur satisfaction et leur désir de continuer à apprendre. Elle raconte : « Certaines familles me confient même leurs adolescents pour un soutien éducatif. »
Mariam Diarra, une mère, affirme que sa vision de l’éducation à l’hygiène menstruelle a changé. Elle explique : « Avant, j’avais honte de parler des règles avec mes filles. Maintenant, je comprends que le silence peut leur nuire. »
Nabintou Diawara, 16 ans, assiste aux séances de sensibilisation sur l’hygiène menstruelle de l’activiste. Elle raconte que, grâce aux conseils prodigués sur les réseaux sociaux, ses habitudes en matière d’hygiène se sont considérablement améliorées. Elle déclare : « Avant, j’avais honte d’être en public quand j’avais mes règles, mais, maintenant, j’ai plus d’assurance. »
Son travail a un impact sur les adolescents, les jeunes, voire certains parents chaque jour. Sur sa plateforme, El’Protect, qui compte plus de 1 000 abonnés, elle encourage les filles à prendre soin de leur corps et à comprendre que les menstruations constituent un aspect naturel et de santé de la vie. Elle termine : « Notre engagement est de rendre disponibles les informations justes concernant les menstruations pour encourager le changement de comportement. »
Rédaction : Fatoumata Z. COULIBLAY
La présente nouvelle a été produite grâce à l’initiative « HÉRÈ — Bien-être des femmes au Mali » qui vise à améliorer le bien-être des femmes et des filles en termes de santé sexuelle et reproductive, et renforcer la prévention et les solutions à la violence basée sur le genre dans les régions de Sissoko, Sékou, Mopti et le district de Bamako, au Mali. Ce projet est mis en œuvre par le Consortium HÉRÈ-MSI Mali, en partenariat avec Radios Rurales Internationales (RRI) et Women in Law et Development in Africa (WiLDAF), grâce au financement d’Affaires mondiales Canada. Il est publié aussi sur leur site.


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