Ségou, ville au riche patrimoine architectural, abrite des demeures historiques uniques qui témoignent de son identité culturelle. À travers la mosquée de Ba Sounou Sacko, la mère du Roi Biton, Ségou raconte l’histoire de sa grandeur passée et la nécessité de préserver ces trésors pour les générations futures
Située à Sékoro sur les berges du fleuve Niger, la mosquée de Ba Sounou Sacko fut construite au 18ème siècle en banco et selon une architecture soudanaise. Elle fut construite par son fils Biton, deux (2) ans après son intronisation en tant que roi du village de Sékoro.
L’histoire raconte que sa mère, Ba Sounou Sacko, priait dans la mosquée de Cheicko Malamine, la mosquée du fondateur du village de Sékoro. Ne voulant pas que sa mère subisse l’humiliation de ses pairs en tant que roi Bamanan, capable de construire pour elle, il décida de construire une mosquée pour qu’elle puisse pratiquer sa religion sans entrave. Sa mère pratiquait sa religion parmi les Bamanans sans aucune difficulté jusqu’à sa mort. « Depuis la construction de cette mosquée à nos jours, seule la famille Sylla est apte à conduire la prière des fidèles musulmans », nous confie Amadou Traoré, le guide du jour. Il précise que la mosquée a gardé sa forme et son fond depuis sa construction, sans aucune reconstruction ni modification.

Mosquée de la mère de Biton, Ba Sounou Sacko.
À l’extérieur de cette mosquée, on trouve dans un trou un tas d’abeilles. Ces abeilles, considérées comme protectrices du village contre la guerre, existent depuis le temps de Biton. Elles étaient les abeilles sacrées du roi Biton, qui l’aidaient lorsque les ennemis attaquaient le village, les repoussant hors de Sékoro. Elles continuent à jouer ce rôle de protectrices sacrées. Personne ne peut galoper à cheval pour entrer à Sékoro à cause de ces abeilles.
Cette mosquée, considérée comme sacrée, réalise les vœux des personnes qui viennent s’y confier ou y faire des prières. La mosquée représente beaucoup pour Sékoro, tant sur le plan historique, culturel que sacré, bien que beaucoup de personnes l’ignorent.
À noter que tout le monde peut prier dans cette mosquée. Elle est bien entretenue et fréquentée par les habitants du village.
Cet article a été publié aussi sur Sahel Tribune par la même auteure.
Rédaction : Fatoumata Z. COULIBALY


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