Depuis plus d’une décennie, les pays du Sahel, en particulier le Burkina Faso, le Mali et le Niger, sont confrontés à de graves défis sécuritaires. À cette crise s’ajoute un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur : la désinformation, la manipulation de l’information et la propagande. L’ensemble de ces maux trouble la cohésion sociale au Sahel.
Avec la fulgurante croissance du numérique dans le monde, la désinformation, autrefois transmise par le bouche-à-oreille ou relayée par les médias traditionnels de masse, a pris une nouvelle dimension. Elle s’inscrit désormais dans un contexte de menaces numériques plus larges, notamment la cybercriminalité.
Dans ce cadre, plusieurs questions s’imposent :
1. Quel est le parcours historique de la cybercriminalité et de la désinformation au Sahel ?
2. Quels sont les chiffres actuels sur l’état de la cybercriminalité dans cette région ?
3. Quelles sont les principales menaces auxquelles nous faisons face aujourd’hui en matière de cybercriminalité au Sahel ?
4. Quelles sont les causes profondes et les conséquences de la désinformation ?
5. Peut-on considérer la désinformation comme une forme de cybercriminalité et quelles sont les initiatives locales mises en place pour endiguer la situation ?
Il est urgent d’ouvrir la réflexion, de sensibiliser et d’agir afin de renforcer la résilience numérique des populations sahéliennes et de favoriser la cohésion sociale.
Quel est le parcours historique de la cybercriminalité et de la désinformation au Sahel ?
Le Sahel est une portion de l’Afrique qui sépare le désert du Sahara au nord et la partie soudanaise humide au sud. Le Sahel s’étend de l’est à l’ouest et regroupe plusieurs pays comme sur la carte ci-dessous.
Selon Wikipédiahttps://fr.wikipedia.org/wiki/Sahel : « La ceinture sahélienne recouvre, entièrement ou en partie, le Cap-Vert, le Sénégal, la Mauritanie (le sud), le Mali, le Burkina Faso (l’extrême nord), l’Algérie (l’extrême sud), le Niger, le Nigeria (l’extrême nord), le Tchad (le centre), le Cameroun (l’extrême nord), le Soudan (le centre, notamment le Darfour et le Kordofan), l’Érythrée. On y ajoute parfois les pays de la Corne de l’Afrique : Djibouti, l’Éthiopie, la Somalie. »

Source : Comprendre Le Sahel à Travers Livre Blanc Son Histoire, Sa Géographie Et Ses Défis Sociodémographiques Et Sécuritaires, page 05, documents de travail commandés par l’UNFPA WCAR pour faire la lumière sur les défis critiques avec des données et des preuves et informer les interventions vers un environnement plus propice à la sécurité et au développement au Sahel.
Dans notre analyse, nous porterons une attention particulière à trois pays : le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Ces nations partagent des contextes socioéconomiques et politiques similaires, ce qui les expose de manière comparable aux enjeux liés à la cybercriminalité et à la désinformation.
À partir du XXIᵉ siècle, le monde et plus particulièrement la région sahélienne a connu l’émergence et la vulgarisation d’une multitude d’outils numériques. Cette révolution numérique représente une formidable opportunité de développement, mais elle s’accompagne également de nouveaux risques pour les individus et les systèmes d’information. L’un des plus préoccupants : la cybercriminalité.
Mais de quoi s’agit-il concrètement ? Pour le commun des mortels, la cybercriminalité évoque souvent les arnaques en ligne ou les escroqueries virtuelles. Or, elle va bien au-delà. Il s’agit en réalité de l’extension des crimes, infractions et délits autrefois commis dans le monde physique, mais aujourd’hui perpétrés à travers les outils numériques.
En résumé: cybercriminalité = criminalité classique + usage des technologies numériques.
Parallèlement à cette transformation numérique, un autre phénomène prend de l’ampleur : la désinformation. Ce terme est devenu omniprésent dans l’écosystème numérique. Mais que signifie-t-il réellement ? Et surtout, quelles sont ses origines, bien avant l’essor d’internet et des réseaux sociaux ?
La désinformation désigne un ensemble d’informations erronées diffusées de manière intentionnelle, dans le but de manipuler ou de nuire. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette pratique ne date pas de l’ère numérique : elle existait déjà dans les sociétés africaines traditionnelles et précoloniales.
En effet, dans les traditions anciennes, les récits, les tambours, les chants de louange ou encore les narrations orales étaient les principaux moyens de transmission des informations. Dans ces sociétés où l’oralité était reine, on observait déjà des formes de manipulation de l’information : modifications, exagérations ou propagande à travers les narrations.
Comme l’indique Jan Vansina dans son ouvrage Oral Tradition as History (Oxford University Press, 1985, chapitre 2, p. 27-30, paragraphes 3 à 5), la tradition orale se définit comme un ensemble de messages verbaux rapportés du passé au-delà de la génération actuelle et transmis oralement, que ce soit par la parole, le chant ou les instruments.
Le contrôle de la parole constituait un véritable instrument de pouvoir. Les récits pouvaient être enjolivés, maquillés pour valoriser un clan ou discréditer un adversaire. Les rumeurs et les ragots, notamment dans les marchés, jouaient aussi un rôle important : ils servaient de passerelles pour véhiculer des propagandes ou des informations erronées de bouche à oreille.
On assistait également à des guerres informationnelles entre royaumes ou villages, où la falsification des faits pouvait servir des intérêts politiques ou stratégiques.
On assistait également à des guerres informationnelles entre royaumes ou villages, où la falsification des faits pouvait servir des intérêts politiques ou stratégiques.
Ainsi, récits enjolivés, rumeurs et informations falsifiées étaient déjà des outils de désinformation bien avant l’avènement du numérique.
En résumé, la criminalité et la désinformation existaient déjà dans les communautés africaines traditionnelles. L’explosion du numérique n’a fait que les amplifier, donnant naissance à la cybercriminalité et à la désinformation numérique.
Dès lors, comment se présentent les chiffres actuels sur l’état de la cybercriminalité au Sahel aujourd’hui dans le contexte sahélien moderne, marqué par l’instabilité, l’hyperconnectivité et la faible littératie numérique ?
Quels sont les chiffres actuels sur l’état de la cybercriminalité au Sahel ?
Avec l’évolution galopante de la technologie, la cybercriminalité présente aujourd’hui une cartographie alarmante au Sahel.
Au Burkina Faso, les chiffres ne cessent de grimper d’année en année. Le nombre de cas recensés augmente considérablement, tout comme les préjudices financiers, qui atteignent des milliards de francs CFA. Cette tendance inquiétante est illustrée dans le tableau et le graphique ci-dessous.

Au Mali, la cybercriminalité est en croissance, malgré l’existence d’une loi pour la réprimer. Selon le magazine Africa Cybersécurité : « Lors d’une conférence de presse le 10 janvier 2024, le nouveau procureur du Pôle National de Lutte contre la Cybercriminalité du Mali, le Dr Adama Coulibaly, a annoncé avoir enregistré 232 plaintes en six mois. »
Au Niger, nous dénotons également une hausse en matière de cybercriminalité avec un préjudice financier très alarmant. Selon une interview de Aissata CHANOUSSI, directrice Sécurité des Systèmes d’Information, Agence Nationale pour la Société de l’Information, République du Niger, avec Africa Cybersecurity Mag sur l’état des lieux et les perspectives futures de la cybersécurité au Niger.
Elle souligne que « entre 2019 et 2022, l’impact financier de ces cybermenaces varie de 70 % à plus de 400 % » Également selon une publication de l’Office national de presse à propos de la lutte contre la cybercriminalité : « Entre juillet et août 2024, la Direction de la Police Judiciaire à travers la Division de la Lutte contre la Cybercriminalité au Niger a enregistré 2869 plaintes de citoyens réparties à travers l’ensemble du pays. » Dans la même dynamique, une enquête a permis d’interpeler et de « déférer six (06) personnes pour un préjudice qui s’élève à 1.313.369.8080 Fcfa. »
Également selon une publication de l’Office national de presse à propos de la lutte contre la cybercriminalité : « Entre juillet et août 2024, la Direction de la Police Judiciaire à travers la Division de la Lutte contre la Cybercriminalité au Niger a enregistré 2869 plaintes de citoyens réparties à travers l’ensemble du pays. » Dans la même dynamique, une enquête a permis d’interpeler et de « déférer six (06) personnes pour un préjudice qui s’élève à 1.313.369.8080 Fcfa. »
L’ensemble de ces chiffres sur l’état de la cybercriminalité au Sahel révèle une réalité préoccupante. La région, notamment le Burkina Faso, le Mali et le Niger, fait face à d’énormes défis en matière de cybersécurité. Les menaces qui pèsent sur ces pays sont nombreuses et en constante évolution, avec des impacts et préjudices non négligeables troublant l’harmonie et la cohésion sociale. Elles nous invitent à porter une attention particulière à un aspect souvent négligé du développement numérique : sa face cachée. Car derrière les avancées technologiques se cache une partie immergée de l’iceberg, faite de vulnérabilités, d’attaques et de risques qui nécessitent une réponse urgente, concertée et adaptée aux réalités locales.
Quelles sont donc les principales menaces auxquelles nous faisons face aujourd’hui en matière de cybercriminalité au Sahel ?
D’après le rapport Interpol de 2024 sur l’évaluation des cybermenaces en Afrique Perspectives du Bureau pour les opérations de lutte contre la cybercriminalité en Afrique, 3ᵉ édition, l’hameçonnage ou phishing constitue le vecteur d’attaque le plus courant dans le cadre des attaques par rançongiciel en Afrique.
Ceci démontre que le cyberespace africain, notamment celui du Sahel, fait face à une panoplie de menaces qui paralyse les systèmes informatiques et les activités sociales. Les menaces telles que l’hameçonnage ou phishing, les rançongiciels, les arnaques au président, les escroqueries via les TIC, le cyberharcèlement sont courantes au Sahel actuellement.
Au Niger, l’office national de presse à propos de la lutte contre la cybercriminalité nous rapporte que « la majorité des plaintes sont relatives à des arnaques en ligne commises à travers une plateforme internet dénommée « Data Robot ». Ladite plate-forme a fait miroiter à ses victimes des revenus rapides et importants en leur proposant d’investir dans l’Intelligence Articielle (IA) et la robotique. ».
C’est une lumière illustrative sur les arnaques en ligne omniprésentes au Sahel.
Au Burkina Faso, selon la Brigade Centrale de Lutte Contre la Cybercriminalité en abrégé BCLCC, les cas de menace ou d’infraction liée à la cybercriminalité sont :
- Escroqueries via les TIC
- Le cyberharcèlement
- Abus de confiance
- Appropriation frauduleuse
- Menaces via moyens électroniques
- Chantages à la webcam
- Accès illégaux aux comptes
- Usurpation d’identité numérique
- Atteintes portées à l’honneur, à la considération des personnes et à la vie privée d’autrui
- Vol de numéraire
- Vol et usage de données
- Incitation à la commission de crime ou de délit
Au Mali, les cybermenaces sont multiples et prennent en compte une pléthore d’infractions qui inclut l’accès illégal à des systèmes informatiques, l’interception de données, la diffusion de contenus illicites, la cyberfraude et bien plus.
Ci-dessous, une illustration qui met en lumière les types d’attaques numériques en Afrique de façon générale dans les entreprises, les institutions et les particuliers. Cette illustration nous permet de comprendre l’enjeu qu’implique le capital humain dans les questions de cyberattaques.

Titre : Les types de cyberattaques en Afrique dans les entreprises, les institutions et les particuliers. Source : Journal de Recherche Multidisciplinaire, 2025. Vol 1, numéro 3 , Sawadogo Guéswendé Samuel Junior.
Comme les autres pays africains, ces trois pays regroupent en gros les cybermenaces similaires et évolutives, ce qui présente un grand challenge pour les pays du Sahel, surtout dans un contexte sécuritaire assez difficile : le terrorisme.
Quelles sont les causes profondes et les conséquences de la désinformation ?
Actuellement, la désinformation explose, et ses racines plongent profondément dans notre époque. Elle naît de cette volonté d’influencer, de faire passer des idéologies, de courir après les likes, les vues, la visibilité à tout prix, de déstabilisation politique, etc. Mais derrière tout cela, il y a aussi la facilité déconcertante avec laquelle les technologies numériques permettent de toucher, d’orienter, de parfois manipuler et influencer les esprits. Chaque jour, ces outils deviennent plus accessibles, plus puissants, et avec eux, la ligne entre le vrai et le faux devient de plus en plus difficile à tracer et à reconnaitre.
Dans la région du Sahel, les conflits armés, les tensions intercommunautaires favorisent encore plus un écosystème de désinformation. Ces conséquences sont multiples et présentent une réalité dégradante telle que :
- Le manque de confiance
- L’absence de démocratie
- Les problèmes de santé mentale
- Stigmatisation et prolifération de discours haineux
- Conflits communautaires
Dans le domaine de la santé, la propagation de fausses informations, notamment sur des sujets sensibles tels que les épidémies de maladies infectieuses (comme Ebola ou la COVID-19), peut avoir des conséquences dramatiques. En plus d’alimenter la peur et la confusion au sein de la population, ces rumeurs et théories infondées risquent de compromettre les efforts de santé publique, en détournant les individus des comportements préventifs recommandés par les experts.
Lorsque le grand public, et plus particulièrement les jeunes, est exposé à des contenus trompeurs ou mensongers, cela altère non seulement sa perception des réalités scientifiques, mais aussi sa capacité à discerner les faits vérifiés des manipulations. La désinformation s’immisce dans la mémoire collective, brouillant les repères et favorisant l’adoption de croyances erronées. À long terme, ce phénomène peut affaiblir la confiance dans les institutions médicales. La désinformation est aussi utilisée pour semer le doute et créer des tensions au sein de nos sociétés, c’est une grande plaie dans notre ère.
Peut-on considérer la désinformation comme une forme de cybercriminalité et quelles sont les initiatives locales mises en place pour endiguer la situation ?
La désinformation d’un certain angle peut être une forme de cybercriminalité dans ce sens où l’information est manipulée pour troubler l’ordre public, alimenter des discours haineux dans le cyberespace ou escroquer les individus.
Dans le cadre des campagnes de désinformation, l’exploitation des données personnelles rentre en jeu également.
Dans les pays du Sahel notamment, le Mali, le Burkina Faso et le Niger, on perçoit cela à travers des délits comme le cyberharcèlement, la cyberviolence, le cyberterrorisme, dans ce sens où les fausses informations sont exploitées par les terroristes ou des personnes malveillantes pour émettre de la propagande, des fake news ou tromper les populations, etc.
Au Burkina Faso, des mesures ont été établies pour gérer les délits liés à la désinformation. En effet, selon une publication du Faso.net, « dans sa détermination à lutter contre la désinformation, la diffusion de discours de violence et de haine sur les médias sociaux, le Conseil supérieur de la communication (CSC) s’est engagé, depuis 2023, à une campagne de sensibilisation du grand public sur l’usage responsable des plateformes numériques. » C’est dans ce cadre qu’a eu lieu, en partenariat avec le ministère de la Transition digitale des postes et des communications électroniques (MTDPCE) et le ministère de la Communication, de la culture, des arts et du tourisme (MCCAT), le vendredi 7 février 2025 à Ouagadougou, une conférence publique pour sensibiliser le public jeune à une utilisation saine des médias sociaux.
Cette conférence est un signal d’alerte sur l’implication profonde de la désinformation dans les délits commis en ligne dans notre écosystème. Aussi, elle montre que les autorités s’inquiètent de la situation en mettant en œuvre des initiatives pour endiguer le problème.
Dans la loi 044 dite «loi des réseaux sociaux», on perçoit cela au niveau de l’article 312-13 : « Est puni d’une peine d’emprisonnement de un an à cinq ans et d’une amende de un million (1 000 000) de francs CFA à dix millions (10 000 000) de francs CFA, quiconque intentionnellement communique, publie, divulgue ou relaie par le biais d’un moyen de communication quel qu’en soit le support, une fausse information de nature à faire croire qu’une destruction, une dégradation ou une détérioration de biens ou une atteinte aux personnes a été commise ou va être commise. » « La fausse information est toute allégation ou imputation inexacte ou trompeuse d’un fait. »
Cet article nous montre que la diffusion de fausse information ou désinformation est perçu comme un crime cyber et est punie par la loi.
Selon le Faso.net dans la même publication citée ci-dessus, « les dernières réformes du droit pénal burkinabè ont incriminé la désinformation et les discours haineux, qu’ils émanent de simples citoyens ou de professionnels de la presse. » Ainsi donc, la désinformation est un cybercrime au Burkina Faso.
Face aux défis posés par la désinformation, les discours haineux et la manipulation de l’opinion publique, les États sahéliens ont dû adapter leurs réponses en exploitant le principal levier institutionnel à leur disposition : la régulation.
La régulation du numérique désigne l’ensemble des lois, politiques et mécanismes mis en place pour encadrer l’usage des technologies de l’information et de la communication.
Ces cadres montrent que ces défis cités ci-dessus sont des délits répréhensibles.
Les initiatives locales mises en place
Selon le document sur la Régulation du numérique au Sahel : État des lieux et perspectives pour un modèle centré sur l’humain (mars 2025) publié par Search for Common Ground, des cadres légaux ont été établis pour lutter contre la cybercriminalité. On cite les lois suivantes :
• Loi n° 2019-056 sur la cybersécurité et la protection des données personnelles en 2019 au Mali ;
• Loi n° 2019-33 sur la répression de la cybercriminalité en 2019 au Niger ;
•Loi n° 045-2009 visant à la protection des infrastructures et des données sensibles contre les menaces numériques croissantes en 2019 au Burkina Faso ;
• Loi n° 025-2018 du 31 mai 2018 portant code pénal au Burkina Faso ;
• Loi n° 2024-027 du 13 décembre 2024 portant sur le code pénal du Mali ;
• Code pénal et code de procédure pénale du Niger, ministère de la Justice, 2018.
Les institutions étatiques sahéliennes impliquées dans la lutte contre la cybercriminalité et la régulation des communications publiques
Burkina Faso
- ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes)
- Conseil Supérieur de la Communication (CSC)
- Ministère de la Sécurité / Police nationale (Brigade Centrale de lutte contre la cybercriminalité BCLCC)
- Commission de l’Informatique et des Libertés (CIL)
- ANSSI (Agence Nationale de Sécurité des Systèmes d’Information)
Mali
- APDP (Autorité de Protection des Données Personnelles)
- HCC (Haut Conseil de la Communication)
- Le Pôle national de Lutte contre la Cybercriminalité
- ANSSI-Mali (Agence nationale pour la sécurité des systèmes d’information)
Niger
- HAC (Haute Autorité de la Communication)
- Division de la Lutte contre la Cybercriminalité (Direction de la Police Judiciaire )
- Ministère de la Justice
- ANSI (Agence Nationale pour la Sécurité des Systèmes d’Information)
L’ensemble de ces organismes a pour objectif d’assurer :
- la surveillance des médias numériques ;
- La répression des infractions cyber ;
- L’application des lois sur la cybercriminalité, les enquêtes et poursuites.
On assiste également à initiative communautaire des OSC et autres organisations tel que le programme Cyber gardiens au sahel pour un cyber espace sain et un renforcement de la cohésion social avec l’ONG Search for Common Ground.
Code For Africa, avec son programme Congrès des Influenceurs pour la Paix (COPP), a outillé des jeunes influenceurs du Mali, du Burkina Faso et du Niger , qu’ils soient des micro- ou des macro-influenceurs, avec les outils nécessaires pour devenir des ambassadeurs de paix au sein de leurs communautés en ligne afin de prévenir l’extrémisme violent, les discours de haine et toutes les conséquences liées à la désinformation et aux infractions numériques. Ce programme vise à développer des stratégies efficaces de communication pour la paix.

Source: page facebook de la Coalition Pour la Paix
Selon le CNCD, dans une publication sur le fléau de la désinformation ronge le Sahel,
“Des organisations comme Africa Check et Dubawa travaillent déjà au Sahel pour vérifier les informations et fournir des faits précis et éventuellement proposer des corrections.”
Au Burkina Faso, EducommuniK a organisé, les 18 et 19 juin 2025 à Koudougou, un atelier de formation à l’endroit de 30 jeunes et femmes engagés dans les cellules de veille citoyenne (Wayiyan). L’activité avait pour objectif de renforcer leurs compétences en Éducation aux Médias et à l’Information (EMI) ainsi qu’en gestion des malentendus et des idées reçues, souvent sources de tensions sociales.
Des organisations telles que FasoCheck aident dans la vérification des faits et la formation des citoyens sur la désinformation.
Au Mali, Seach For Common Ground à travers son projet « Taabalé Kunkan a mené des activités de collecte et de sensibilisation, comme le souligne ce passage : « Les données du sondage confirment une forte implication des femmes et jeunes dans la lutte contre la désinformation et les messages de haine. En effet, 89% des répondants affirment que les femmes et les jeunes sont impliqués dans les mécanismes de gestion des rumeurs et des fausses informations au niveau local. Dans les communes de Bandiagara, de Bankass, de Diabaly et la commune 4 du district de Bamako, ce taux est de 100%. Et 90% dans les communes de Ségué Iré, Dimbal, Ansongo et Niono. Dans les communes de Gounzoureye et de Bara, ce taux est de 67%. » du document de Search_CAN012_Rapport_Evaluation_VF.docx.
Au Mali, la fondation Tuwindi a mis en place une initiative numérique unique en son genre : l’application Wuya. Créée en 2017, Wuya est un outil dans la lutte contre la désinformation.
Au Niger, outre les cadres institutionnels de régulation et de lutte contre la cybercriminalité, des initiatives communautaires sont mises en œuvre par des jeunes, notamment ANLCY-NIGER, une association de lutte contre la Cybercriminalité qui a pour but de construire un Niger numériquement sûr et sécurisé face aux menaces croissantes du cyberespace.
On retient qu’au Sahel, la désinformation est une forme de cybercriminalité qui nuit gravement à la compréhension, à la cohésion sociale, à la démocratie et à la santé publique. Sa lutte nécessite l’éducation aux médias, la sensibilisation, la vérification des faits et la collaboration entre citoyens, médias et institutions.
Références
Jan Vansina, Oral Tradition as History, Oxford University Press, 1985, chapitre 2, p. 27-30, paragraphe 3 à 5
Oral Tradition as History https://books.google.bf/books?id=J7wbS71dVbcC&printsec=frontcover&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false
https://cybersecuritymag.africa/bilan-sur-la-cybercriminalite-au-mali-232-plaintes-enregistrees-en-six-mois Bilan sur la cybercriminalité au Mali : 232 plaintes enregistrées en six mois, consulté le 13/07/2025 à 12 h
BCLCC
https://maliactu.net/mali-pole-national-de-lutte-contre-la-cybercriminalite-232-plaintes-en-sept-mois/ , consulté le 13/07/2025 à 12 h 07
https://cybersecuritymag.africa/cybersecurite-au-niger-etat-des-lieux-et-perspectives , consulté le 14/07/2025 à 11h15
https://www.lesahel.org/lutte-contre-la-cybercriminalite-la-police-judiciaire-face-aux-nouvelles-technologies-de-linformation/ , Lutte contre la cybercriminalité, consultée le 14/07/2025 à 13 h 47
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cybercriminalit%C3%A9_au_Mali#cite_note-1 , consulté le 14/07/2025 à 17h05
https://www.quebec.ca/securite-situations-urgence/cybersecurite/conseils-cybersecurite/lutter-contre-la-desinformation/consequences-liees-a-la-desinformation, consulté le 17/07/2025 à
Équipe de recherche : Timbuktu Institute, Les défis de la désinformation pour les acteurs internationaux et nationaux au Sahel central et dans le pays du golfe de Guinée. Plateforme d’analyse du suivi et d’apprentissage au Sahel, production Pasas, https://pasas-minka.fr
https://lefaso.net/spip.php?article136021 ,consulté le 17/07/2025 à 10 h 51.
Cours de RÈGLEMENTATION DES TIC, ESI 2023 par (ZMC@ESI2023)
https://ijnet.org/fr/story/au-mali-lapplication-wuya-offre-une-r%C3%A9ponse-aux-fake-news consulté le 19/07/2025 à 02h26.
https://www.lesahel.org/anlcy-niger-une-association-de-lutte-contre-la-cybercriminalite-construire-un-niger-numeriquement-sur-et-securise-face-aux-menaces-croissantes-du-cyber-espace/ , consulté le 19/07/2025 à 15h
https://www.cncd.be/Le-fleau-de-la-desinformation?lang=fr#:~:text=La%20diffusion%20intentionnelle%20de%20fausses,d%C3%A9m%C3%AAler%20le%20vrai%20du%20faux , consulté le 22/07/2025 à 15h
Rédaction: Balkiss Ouedraogo
Cette publication WanaData a été soutenue par Code for Africa et la Digital Democracy Initiative dans le cadre du projet Digitalise Youth , financé par le Partenariat Européen pour la Démocratie (EPD).

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