Dans la commune rurale de Sébougou, dans la région de Ségou, au Mali, la sage-femme et l’activiste communautaire, sensibilise les habitants aux méthodes contraceptives, afin de combattre les idées fausses qui nuisent aux femmes et aux filles. Elle communique des informations validées scientifiquement, à travers des groupes de discussions, de visites à domicile, d’émissions de radio et de visuels. Son approche participative permet aux femmes de faire des choix éclairés, de protéger leur santé et d’éviter des grossesses précoces ou non désirées. Des spécialistes régionaux soulignent l’importance de consulter des professionnels qualifiés, notant que plusieurs craintes concernant la contraception sont dues à la désinformation et aux cas isolés d’effets secondaires.

Il est 17 h dans la commune rurale de Sébougou, située à environ 14 kilomètres de Ségou, au Mali. Des habitants rentrent du travail. Au milieu d’un groupe de personnes, Fannata Dicko, sage-femme de profession et activiste communautaire, tient un carton de tableaux à feuilles mobiles contenant des explications sur différents moyens de contraception. La discussion suscite un intérêt et attire l’attention des passants. Elle déclare : « Les idées fausses concernant les moyens de contraceptions nuisent à beaucoup de femmes et de filles ici. »
Madame Dicko a décidé de communiquer des informations fiables et accessibles pour éduquer et sensibiliser sa communauté à cette question.
Madame Dicko est une jeune femme qui travaille dans le domaine de la santé communautaire depuis plus de cinq ans. Elle explique que les rumeurs, les interprétations religieuses, la peur de l’infertilité et la désinformation entravent l’épanouissement sexuel et reproductif des femmes. Elle déclare : « Certaines personnes prétendent que les contraceptifs empoisonnent le sang et provoquent souvent l’infertilité. »
Madame Dicko explique que son approche de sensibilisation est pédagogique et participative. Dans les quartiers de Ségou, elle participe à des discussions, prend le temps d’écouter les préoccupations et répond aux questions. Elle explique : « Certaines femmes me demandent si la contraception est réservée aux femmes mariées, si elle provoque l’infertilité ou si elle est contraire à la religion. »
Pour défier ces idées erronées, madame Dicko s’appuie sur des données scientifiques validées et la formation qu’elle avait reçue d’organisations, telle que l’Association des jeunes pour une citoyenneté et une gouvernance active (AJCAD), l’ONG JIGIYA et la Population Services International (PSI-Mali).
Madame Dicko utilise plusieurs outils pour toucher son public. Elle organise des discussions en groupe, des visites à domicile, des émissions de radio, et elle publie des contenus et de courtes vidéos dans les langues nationales sur les réseaux sociaux. Elle utilise également la « Boîte à images », un visuel qui permet d’expliquer sans tabous comment l’organisme fonctionne aux jeunes et aux femmes.
L’impact des initiatives de sensibilisation de madame Dicko est visible à travers les témoignages de la communauté et les changements tangibles observés sur le terrain. Elle souligne que la contraception n’est pas un encouragement à la promiscuité, mais plutôt un moyen de protéger la santé et l’avenir des filles et des femmes. Les discussions ouvertes sur la santé reproductive, déclare-t-elle, sont cruciales pour briser les tabous nuisibles et favoriser des choix éclairés.
Alima Coulibaly est une jeune étudiante qui participe aux séances de sensibilisation de madame Dicko. Elle déclare : « Quand j’ai décidé d’utiliser des moyens de contraception, certaines de mes amies m’ont découragée, soutenant qu’ils perturbaient le cycle menstruel et encourageaient la fornication chez les jeunes filles. » Cependant, les actions de sensibilisation de madame Dicko sur les moyens de contraception ont convaincu mademoiselle Coulibaly qu’il s’agissait d’idées fausses. Elle conclut : « Aujourd’hui, j’ai pu choisir une méthode qui convient à mon organisme. »
Omar Konaté, superviseur régional pour le genre, le plaidoyer et la communication de l’Association pour le soutien au développement des activités de la population (ASDAP) de Ségou, explique que de nombreuses idées reçues concernant les moyens de contraception sont fausses et ne sont pas fondées scientifiquement. Il note que les personnes qui répandent de tels arguments agissent ainsi souvent sans avoir les informations exactes, et se fondent très souvent sur des cas isolés d’effets secondaires. Il insiste sur la nécessité de consulter des professionnels de santé qualifiés pour obtenir des conseils précis et choisir un moyen de contraception approprié pour l’organisme et les besoins de santé de la personne.
Les activités de sensibilisation communautaires de madame Dicko permettent d’éclairer les jeunes filles et les femmes de la communauté concernant les rumeurs et les fausses croyances relatives aux moyens de contraception. Elle explique que ses efforts ont permis de sauver des filles et des femmes de grossesses précoces ou non désirées qui sont souvent responsables de la mortalité maternelle.
Madame Dicko soutient que la communication est cruciale pour démanteler les idées fausses relatives aux moyens de contraception, notamment chez les jeunes, afin de favoriser leur bien-être. Elle termine : « Je sais que c’est un combat de longue durée, mais les résultats sur le terrain me motivent à persévérer, car la sensibilisation à ce sujet signifie briser un tabou qui sauve des vies. »
Rédaction : Fatoumata Z. COULIBALY
La présente nouvelle a été produite grâce à l’initiative « HÉRÈ — Bien-être des femmes au Mali » qui vise à améliorer le bien-être des femmes et des filles en termes de santé sexuelle et reproductive, et renforcer la prévention et les solutions à la violence basée sur le genre dans les régions de Sikasso, Ségou, Mopti et le district de Bamako, au Mali. Ce projet est mis en œuvre par le Consortium HÉRÈ-MSI Mali, en partenariat avec Radios Rurales Internationales (RRI) et Women in Law et Development in Africa (WiLDAF), grâce au financement d’Affaires mondiales Canada.


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