Société conservatrice, au Mali comme dans beaucoup de pays d’Afrique, les pratiques traditionnelles néfastes persistent. Cet environnement demeure favorable aux violences basées sur le Genre. Parmi les couches les plus vulnérables figure les personnes en situation de handicapes. A Ségou, des structures s’efforcent pour soulager autant soit peu cette couche.
Les violences basées sur le genre se présentent sous plusieurs formes. Le mariage précoce, le mariage forcé, l’excision, les violences physiques et émotionnelles. A cette longue liste s’ajoutent aussi les cas fréquents de déni de ressources. Les personnes en situation de handicap sont de plus en plus victimes de ces pratiques. Selon l’UNFAP, 14% des survivantes de VBG sont des femmes et filles en situation de handicap.
Selon One Stop Center, le centre d’écoute et de prise en charge siégeant à l’hôpital Nianakoro Fomba, les personnes vivant avec handicap subissent plusieurs types de violences. Il s’agit, pour la plupart, de violences physiques. Elles sont battues fréquemment par leur conjoint ou coépouse, selon la situation familiale. Il est courant que ces personnes soient victimes de coups et blessures.
Mais un autre type de violence prend une proportion inquiétante : la violence sexuelle, déclare Aissata Traoré, point focal à One Stop Center. « Nous recevons souvent des cas d’abus sexuel, de viol commis dans la rue ou avec leur conjoint », détaille-t-elle. A cause de leur infirmité, sans assistance, difficilement ces personnes en situation de handicap parviennent à se défendre. Ainsi, elles sont vulnérables à tous les risques.
Les initiatives de prise en charge des victimes sont rares dans la région. De façon sporadique, des projets interviennent mais se limitent à des sessions de sensibilisation ou d’animation des espaces de plaidoyer. Ces approches, certes utiles, sont « insuffisantes », selon Sofiane Dakouo, président de la Fédération régionale des personnes handicapées : « Je salue les actions de sensibilisations et de plaidoyer. La plupart d’entre nous n’ont pas assez de moyens et tout le monde sait que ce genre de prestations coûtent chères. Alors, nous souhaiterions plus de prises en charge des cas de violences, comme le fait maintenant le One Stop Center », plaide-t-il.
Le One Stop Center de l’ONG ASDAP affirme avoir pris en charge plusieurs personnes vivant avec handicap à Ségou. Un record, selon Aissata Traoré, le point focal du centre : « Nous invitons les populations à prendre l’initiative de référer tous types de victimes de VBG, y compris les contre les personnes en situation de handicap. Nous sommes là pour tout le monde. »
Parmi les conséquences de ces abus et violences à l’encontre des personnes en situation de handicap, des troubles psychologiques graves, des cicatrices permanentes voire la mort à la suite des complications. En plus de leur situation socioéconomique précaire, les multiples cas de violences les maintiennent dans un environnement propice à des difficultés financières.
Il est urgent de prendre des dispositions spécifiquement dirigées vers cette couche vulnérables, qui lutte d’ailleurs sur plusieurs fronts : « Avec notre handicap, nous avons peur d’aller dans les centres de santé. A cela s’ajoutent des difficultés de mobilités, et le silence que certains préfèrent dans ces situations de violences et d’abus », confie Kadia Tahirou Traoré, handicapée.
Rédaction: Dioro Cissé


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